« Je me considère comme travailliste »

Mon interview pour Le Parisien. A retrouver dans l’édition du 15 février !

Vous avez récemment dit que « la droite doit redevenir le mouvement des classes moyennes ». Cela signifie que la droite était devenue le mouvement des classes privilégiées ?

GUILLAUME PELTIER. Cela signifie que, depuis trop longtemps, une certaine droite est apparue, aux yeux de nos compatriotes, comme le syndicat de défense des privilèges de quelques-uns. Dans le même temps, une certaine gauche devenait le syndicat de défense de l’assistanat de quelques-autres. Au milieu, une majorité de Français appartenant aux classes moyennes ne se sent représentée et défendue par personne.

Le grand enjeu, dans le cadre de la refondation idéologique et intellectuelle de la droite, c’est de s’adresser à nouveau à cette France du travail, de l’effort et du mérite qui n’en peut plus de payer toujours pour les autres. Le général de Gaulle, avec l’intéressement et la participation, Jacques Chirac, à travers la « fracture sociale », Nicolas Sarkozy et les heures supplémentaires défiscalisées, ont toujours mis le mérite et les classes moyennes au cœur de leur politique.

 Le programme de François Fillon était-il trop libéral ?

Il comportait des réformes courageuses, mais il lui manquait l’idée du travail et de sa juste récompense. On ne peut pas présenter à nos compatriotes un programme uniquement fondé sur des questions statistiques et budgétaires. Le taux de PIB ou la question de la TVA ne doivent plus être notre horizon indépassable. Les Français ont besoin d’une vision, celle de l’ordre juste, et de mesures concrètes qui améliorent leur vie quotidienne.

 La droite parle-t-elle trop de compétitivité et pas assez de pouvoir d’achat ?

C’était le cas. Mais, de la baisse de la CSG pour les retraités à la hausse des revenus pour les travailleurs, je me réjouis qu’avec Laurent Wauquiez, nous ayons remis la question des injustices – sociale, fiscale et territoriale – au cœur de notre combat.

Vous proposez de baisser la dépense publique pour réduire les charges et ainsi augmenter les salaires et les retraites. Réduire le déficit ne doit plus être une priorité ?

Réduire le déficit et donc la dette est nécessaire, mais ne peut pas être un objectif en soi. La baisse des dépenses publiques est un outil, pas une fin. Je prône une baisse drastique de 40 milliards d’euros des dépenses de l’État central : un quart pour rembourser la dette, trois quarts redistribués à ceux qui travaillent.

 Faut-il revenir aux 39 heures ?

Que l’on puisse mettre sur la table la nécessité de travailler davantage dans notre pays me semble indispensable. Mais j’y mets une condition très stricte : que cet effort supplémentaire soit lié à une hausse de la rémunération. Travailler plus et gagner plus.

 Vous parlez souvent de « petits » et de « puissants ». C’est le retour à la lutte des classes ?

 Je m’oppose à la lutte des classes. Je ne suis ni libéral, ni socialiste. À la loi du plus fort, je préfère la loi de l’effort. Celle du mérite récompensé. Moi, je me considère comme travailliste, c’est-à-dire que je veux que la valeur travail constitue la valeur cardinale de la droite aujourd’hui et de la France demain.

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